
Attendre de Valor Mortis la précision de déplacement de Ghostrunner serait une erreur. One More Level, le studio derrière les deux Ghostrunner, change ici de priorité : les duels au sabre constituent le cœur du jeu, tandis que les courses sur les murs et les sauts servent une exploration plus méthodique. Cette distinction compte davantage pour votre achat que l’étiquette de « Soulslike à la première personne ».
Édité par Lyrical Games, Valor Mortis sort le 13 octobre 2026 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S. Sa proposition mérite l’attention, mais pas un achat automatique : il faut apprécier ses affrontements suffisamment pour accepter les faiblesses qui les entourent.
La parade ne sert pas seulement à éviter les dégâts. Elle fait monter une jauge de posture ; une fois celle-ci brisée, l’adversaire s’expose à une riposte critique. Le plaisir vient de cet enchaînement : reconnaître l’attaque, répondre au bon moment, puis convertir l’ouverture en exécution. Le sabre de départ installe cette logique immédiatement. Valor Mortis convient donc davantage aux joueurs qui aiment apprendre le rythme d’un adversaire qu’à ceux qui veulent traverser les combats en multipliant les attaques.
Le pistolet et les transmutations évitent de réduire chaque rencontre à un échange de coups. Tirer sur les points faibles, notamment les pustules rouges de la peste, restaure la Nephtoglobine, la ressource qui alimente ces pouvoirs. Le feu, la stase et l’absorption suivie d’un renvoi d’attaque apportent des réponses différentes. Le tir participe ainsi à l’économie du combat : ce n’est pas simplement une solution de secours pour finir un ennemi éloigné.
La première personne fonctionne particulièrement bien en duel, où toute l’attention porte sur l’arme et les mouvements d’un adversaire. Elle devient moins confortable dans les espaces étroits ou face à plusieurs ennemis. Des indicateurs préviennent des attaques hors champ, mais ils ne remplacent pas la lisibilité d’une caméra éloignée. Si les combats de groupe vous fatiguent déjà dans les Soulslike classiques, cette perspective constitue un vrai critère de choix, pas un simple changement esthétique.
Valor Mortis organise sa progression autour d’un refuge dans une église, où se trouvent les améliorations d’armes et de compétences. Les zones s’ouvrent progressivement grâce à de nouvelles capacités : course sur les murs, déplacements au grappin sur des points fixes et pouvoirs permettant d’atteindre des passages auparavant inaccessibles. Cette structure inspirée du Metroidvania donne une raison de revenir explorer, au-delà de la collecte de ressources.

Le problème tient à l’exécution des déplacements. Les accrochages aux rebords et les collisions manquent de régularité ; certains passages de plateforme interrompent davantage le rythme qu’ils ne l’enrichissent. Les pièges, murs invisibles et embuscades accentuent cette friction. Ne choisissez donc pas Valor Mortis principalement pour retrouver le parkour de Ghostrunner : son intérêt se situe ailleurs.
Le système de reprise limite heureusement une partie des trajets. Les lanternes servent de points de repos, rechargent les soins et font réapparaître les ennemis. Des points de contrôle précèdent la plupart des boss. La mort conserve néanmoins un enjeu : les Catalysts, utilisés pour progresser et améliorer l’équipement, restent sur le lieu de la défaite et doivent être récupérés sans mourir à nouveau. Une chute provoquée par une collision devient donc plus irritante qu’un simple saut à recommencer.
Les meilleurs boss combinent lecture des attaques et capacités de déplacement : ils donnent enfin aux deux composantes du jeu une utilité commune. Tous n’atteignent pas ce niveau. Certains ressemblent davantage à des ennemis ordinaires renforcés, tandis que les secondes phases surprises finissent par devenir prévisibles. La qualité des duels ne garantit donc pas une succession de rencontres marquantes.
La diversité des adversaires s’épuise également avant celle du système de combat. Le démarrage est lent et prévisible, puis les affrontements deviennent plus répétitifs à mesure que l’aventure avance. Pour votre budget temps, retenez un ordre de grandeur de 18 à 35 heures, variable selon l’exploration et les conditions de jeu, plutôt qu’une durée identique pour tous les parcours. L’important est surtout de savoir si vous appréciez assez les parades pour les pratiquer longtemps contre un éventail limité d’ennemis.
La progression offre des ajustements, mais une profondeur de builds limitée. L’arbre de compétences améliore notamment la santé, l’endurance et les dégâts de posture infligés par les parades ; les ambres ajoutent des bonus passifs. Certaines armes modifient les habitudes : la rapière ne permet pas de bloquer et renforce l’importance des parades. Il existe donc des variations de style, sans la richesse nécessaire pour faire de l’expérimentation de builds l’attraction principale.
Dans cette histoire alternative, Napoléon a remporté Waterloo et l’Europe de 1820 subit une corruption qui transforme soldats et civils en monstres. William, un soldat britannique de la Grande Armée, revient d’entre les morts. Napoléon, doublé par Vincent Cassel, lui parle directement dans la tête. Ce cadre donne à Valor Mortis une personnalité qui dépasse le simple assemblage de sabres et de morts-vivants.

L’horreur corporelle prolonge cette idée jusque dans les ennemis : les créatures canines sont des soldats humains déformés, qui poursuivent le joueur en aboyant. L’atmosphère et ces silhouettes constituent des raisons solides de s’intéresser au jeu. L’écriture et le dénouement sont moins convaincants. Si votre motivation principale est de découvrir une grande intrigue napoléonienne, le décor offre davantage que le récit qui l’exploite.
Les problèmes techniques ne se limitent pas à une fréquence d’images imparfaite. Sur PC, des saccades, des baisses de performances et des plantages s’ajoutent aux défauts de collision. Des ennemis restent parfois inactifs ou attaquent dans la mauvaise direction ; des personnages peuvent se coincer dans la géométrie, et des problèmes de réapparition perturbent certaines reprises.
Dans un jeu fondé sur le timing et la récupération de ressources après la mort, ces défauts touchent directement l’expérience. Attendre un correctif qui traite ces problèmes est plus prudent que compter sur leur résolution dès le lancement. Pour un achat sur PS5 ou Xbox Series X|S, il faut examiner le comportement de la version console concernée : les performances PC ne permettent pas de juger celles de ces machines.
L’achat au lancement se défend si votre priorité est le duel à la parade, que la première personne vous attire et que vous acceptez une finition irrégulière. Les ripostes, l’usage des points faibles et l’ambiance napoléonienne donnent à Valor Mortis une proposition suffisamment distincte pour intéresser les habitués du genre.
Attendez si les collisions, les plantages ou les interruptions de plateforme risquent de gâcher ces combats pour vous. En revanche, si votre réserve porte surtout sur la variété des ennemis, la profondeur des builds ou la qualité du scénario, un meilleur état technique ne suffira pas à changer la proposition. Valor Mortis mérite d’être choisi pour son système de combat, pas pour ce qu’un futur correctif pourrait hypothétiquement en faire.
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