Super Mario Bros. Wonder Switch 2 & Parc Belabel : un retour triomphal, mais sans nouveaux mondes

Super Mario Bros. Wonder Switch 2 & Parc Belabel : un retour triomphal, mais sans nouveaux mondes

Wonder, trois ans plus tard : le même sourire, une petite frustration en plus

La chose la plus frappante en relançant Super Mario Bros. Wonder sur Nintendo Switch 2, ce n’est pas la finesse de l’image ni les nouveaux menus du Parc Belabel. C’est ce moment très simple, au bout de cinq minutes de jeu, quand tout le salon se tait au premier fleuron Wonder et que le niveau part en vrille. Trois ans après sa sortie initiale, l’effet marche toujours. Après une dizaine d’heures passées sur l’Édition Switch 2 et l’extension Vamos ao Parque Belabel, je ressors avec le même constat qu’en 2023 : on tient là le meilleur Mario 2D depuis l’ère 16 bits. Et pourtant, cette nouvelle version laisse planer un regret tenace : au fond, tout ce que ce jeu donne envie de demander, ce sont… encore plus de niveaux.

J’ai testé cette nouvelle édition principalement sur Nintendo Switch 2, dockée sur un écran 4K, avec quelques sessions en portable, et un retour régulier sur Switch “classique” pour comparer. Côté contenu, j’ai nettoyé la quasi-totalité du Parc Belabel en local à quatre joueurs, testé les Salles de jeu en ligne et rejoué une bonne partie de la campagne de base avec Rosalina et Luma en personnages d’assistance.

Un rappel : pourquoi Wonder est déjà un classique du platformer 2D

Pour situer : je couvre Mario depuis l’époque où on attendait les cartouches import de Super Mario World dans les arrière-boutiques parisiennes. J’ai vu défiler la série des New Super Mario Bros., efficace mais souvent tiède, et l’explosion créative de Mario Maker. Wonder s’inscrit autrement : Nintendo a enfin assumé l’idée de faire un épisode 2D aussi surprenant qu’un Mario 3D.

Le cœur du jeu reste intact dans cette Édition Switch 2 : chaque niveau est construit autour d’une idée claire, souvent doublée d’un twist via une Fleur Wonder qui transforme le décor, les règles ou même le personnage. Un niveau se met soudain à scroller en rythme, un autre vous transforme en Goomba paniqué, un troisième fait surgir un troupeau de Bulbulines qui emportent tout sur leur passage. Il y a très peu de remplissage. Quand on a mangé des années de plateformes “génériques”, ce soin-là se sent.

Le level design garde cette précision presque mathématique que beaucoup de concepteurs de plateformes admirent publiquement. Les distances de saut, la vitesse des plateformes, la marge de manœuvre quand on joue à quatre sur le même écran : tout est soigneusement calibré. En 2023 déjà, j’avais noté que Wonder était un jeu qui supporte très bien d’être rejoué, justement parce que les niveaux restent lisibles même en plein chaos familial. Trois ans plus tard, relancé sur Switch 2, il fait toujours mouche sur ce point.

Ce rappel est important, parce que le Parc Belabel ne fonctionne que grâce à cette base. Sans cette grammaire ultra solide, ces mini-jeux ne seraient qu’une énième collection de défis anecdotiques. Là, on sent à chaque instant que les designers ont puisé dans une boîte à outils déjà fabuleuse.

Switch 2 : une mise à niveau visuelle discrète mais nette

Techniquement, Super Mario Bros. Wonder tournait déjà à 60 fps sur Switch première du nom, avec un style visuel très affirmé : couleurs saturées, animations expressives, arrière-plans presque illustrés à la main. La version Switch 2 ne réinvente pas la direction artistique, elle la clarifie.

Sur télé 4K, l’amélioration la plus visible tient dans la netteté générale : les contours bavent moins, les dégradés sont plus propres, les textes gagnent en lisibilité. Les animations ultra détaillées des personnages – le regard de Mario qui suit un ennemi, le léger flottement des pétales dans l’air – gagnent en relief. En mode portable sur Switch 2, on profite surtout d’une image plus propre, sans aliasing perceptible, tout en conservant les 60 fps dans tous les contextes que j’ai pu tester, y compris dans les mini-jeux les plus chargés du Parc Belabel.

On reste loin du “gap” qu’avait représenté, à l’époque, le passage de la Wii à la Wii U pour New Super Mario Bros. U, mais cela donne à ce Wonder “version 2026” une patine plus moderne. On sent surtout la différence quand on repasse sur Switch classique : l’ancien hardware tient encore la route, mais la Switch 2 fait apparaître le jeu comme on l’avait en tête en 2023.

Parc Belabel : un parc d’attractions de mini-jeux tirés du meilleur de Wonder

Le gros morceau de cette relance, c’est évidemment l’extension Vamos ao Parque Belabel. Concrètement, après avoir terminé la première zone de Wonder, un accès s’ouvre depuis la zone centrale de la carte vers ce fameux parc, accessible aussi bien sur Switch que sur Switch 2. Le ton est différent dès l’entrée : stands colorés, mascottes, panneaux d’orientation. On quitte la carte du Royaume des Fleurs pour un hub 100 % dédié au jeu en groupe.

Le Parc est divisé en plusieurs espaces : une grande place dédiée au multijoueur local, des “Salles de jeu” réservées au jeu en ligne, et une zone de campement où l’on revisite des niveaux existants avec des défis inédits. Au lieu de nouveaux mondes classiques, Nintendo a choisi de réinterpréter ses mécaniques sous forme de mini-jeux à difficulté croissante.

Screenshot from Super Mario Bros. Wonder
Screenshot from Super Mario Bros. Wonder

La place multijoueur locale : 17 idées qui peuvent animer une soirée entière

Sur la place multijoueur locale, jusqu’à quatre joueurs partagent la même console. On y trouve 17 attractions, soit orientées compétition, soit coopération. Pendant mon test, c’est clairement là que j’ai passé le plus de temps, en famille comme avec des collègues de la rédaction.

Le mini-jeu de cache-cache fait partie de ceux qui marquent le plus. L’un des joueurs se cache dans le décor, les autres doivent le débusquer. Après trois manches, les enfants hurlaient de rire, les adultes commençaient à prendre les choses un peu trop au sérieux, et j’ai compris le commentaire récurrent : “attention, jeu à embrouilles domestiques”. Ce n’est pas sans rappeler certaines épreuves de Mario Party, mais ici, la physique et la lisibilité de Wonder rendent chaque partie immédiatement compréhensible.

Autre réussite : ces niveaux où il faut ramasser des pièces tout en s’immobilisant dès qu’un énorme Boo se réveille. Sur le papier, c’est une variation sur le jeu du “1, 2, 3 soleil”. Manette en main, ça devient un ballet de prises de risque : qui tentera d’attraper la pièce un peu trop loin avant que le Boo ne se retourne ? En local, les cris de victoire et de panique couvrent presque la musique.

Je pourrais aussi citer ce mini-jeu où l’on doit nourrir un petit Yoshi en le portant à bout de bras, ou ceux qui jouent sur le transport coopératif d’une bombe qu’il ne faut pas laisser tomber. On sent que Nintendo a pris soin de varier les rythmes : certains jeux durent à peine quelques secondes, d’autres s’étalent sur une minute intense. En une soirée, on tourne facilement en boucle sur les mêmes favoris, sans que l’ennui ne s’installe.

Le seul reproche, c’est qu’on a vite le réflexe de dire “encore un” à la fin de chaque manche. Les 17 attractions tiennent largement une vingtaine d’heures de rires renouvelés si l’on joue souvent à plusieurs, mais leur qualité donne justement envie d’une deuxième salve. C’est le luxe des bons contenus : on en veut plus.

Les Salles de jeu : du très bon en ligne, une limitation frustrante en local

Les Salles de jeu, elles, regroupent six attractions jouables jusqu’à douze joueurs… mais uniquement en ligne. Dans les faits, on rejoint une salle, on choisit une attraction, et le jeu enchaîne les manches façon gincana aléatoire. J’ai testé ces activités avec un groupe d’amis répartis sur trois foyers, tous sur Switch 2 : la connexion a tenu bon, sans chute de framerate notable ni inputs retardés dans les moments clefs.

Certains de ces mini-jeux en ligne comptent parmi mes préférés de tout le Parc Belabel, précisément parce qu’ils tirent parti du nombre. Voir dix avatars se bousculer pour une même pièce ou tenter de survivre sur une plateforme qui se rétrécit fonctionne à merveille. Le problème, c’est que Nintendo a jugé bon de les réserver strictement au online.

Screenshot from Super Mario Bros. Wonder
Screenshot from Super Mario Bros. Wonder

C’est là que le bât blesse. Quand on a déjà quatre personnes dans le salon et que l’on découvre qu’une partie du contenu ne peut pas être lancée en local, la déception est immédiate. Sur une console qui a bâti son image sur la convivialité de la coop canapé, ce choix étonne. On se prend à rêver d’un patch qui déverrouillerait, à minima, une variante locale de ces Salles de jeu, quitte à réduire le nombre de joueurs.

Zone de campement : revisiter les anciens niveaux sans les dénaturer

Dernier pan du parc : la zone de campement, qui propose des défis à relever dans des niveaux déjà existants. Plutôt que de créer des stages totalement nouveaux, Nintendo impose des contraintes : terminer un niveau dans un temps serré, ramasser un certain nombre d’objets, ou survivre sans perdre un seul point de vie.

Sur le papier, cela peut sembler paresseux. En pratique, c’est plus subtil. Ces défis obligent à lire différemment des niveaux que l’on croyait connaître par cœur, un peu comme les défis “time attack” sur les vieux Mario de la Super Nintendo. Lors d’une session solo, je me suis surpris à redécouvrir un niveau aquatique que j’avais tendance à zapper : sous contrainte de temps, chaque raccourci, chaque tuyau caché prend une importance nouvelle.

On ne parle pas ici d’une campagne alternative, mais de compléments intelligents pour ceux qui aiment optimiser leur parcours. De quoi rallonger agréablement la durée de vie si l’on prend goût à la chasse aux objectifs.

Rosalina et Luma : une nouvelle béquille élégante pour les débutants

Autre ajout notable de cette édition : la possibilité de rejouer la campagne avec Rosalina et Luma dans un rôle d’assistance, à la manière des Yoshis et de Carotin qui servaient déjà de mode “facile”. L’idée est de rendre Wonder encore plus accessible aux joueurs peu habitués à la plateforme.

Concrètement, Rosalina est épaulée par Luma, qui autorise des erreurs supplémentaires et facilite certains passages délicats. Sans entrer dans une liste de chiffres, on sent immédiatement que la marge d’erreur est plus large : quelques chutes qui auraient été fatales avec Mario se transforment en frayeurs rattrapables. Pour un enfant ou un parent peu à l’aise avec la manette, c’est précieux.

J’ai refait plusieurs niveaux déjà bien connus avec un duo parent-enfant où l’adulte contrôlait Rosalina. Le simple fait d’avoir ce “filet de sécurité” change la dynamique : on ose expérimenter avec les Fleurs Wonder, on explore les chemins cachés sans la peur constante du “Game Over”. Nintendo poursuit ici une philosophie entamée depuis longtemps avec ses “assist modes”, mais la mise en scène de Rosalina et Luma donne un côté moins stigmatisant au choix de ce mode de jeu.

Un contenu additionnel généreux… qui souligne l’absence de nouveaux mondes

La question que l’on m’a le plus posée depuis l’annonce de cette édition, c’est : “Est-ce qu’il y a de nouveaux niveaux principaux ?” La réponse est non. En dehors des défis de campement et de la réinterprétation des mécaniques dans les mini-jeux, la carte du Royaume des Fleurs reste identique à celle de 2023.

Et c’est là que le paradoxe de cette extension apparaît. Sur le papier, entre le parc, Rosalina, les défis supplémentaires et la mise à niveau technique Switch 2, le package est difficile à attaquer. Dans la pratique, quand on relance Wonder et que la magie opère toujours aussi vite, on ne peut pas s’empêcher de rêver d’un “Monde Belabel” complet, avec ses propres thèmes et Fleurs Wonder inédites.

Screenshot from Super Mario Bros. Wonder
Screenshot from Super Mario Bros. Wonder

Après quelques soirées passées sur le Parc Belabel, j’avais ce sentiment très précis que tout joueur de très bon jeu connaît : celui de regarder un banquet bien garni en se disant “et si on rajoutait juste un petit plat de plus ?”. C’est le syndrome du gourmet, pas du client floué. Super Mario Bros. Wonder reste d’une générosité rare ; simplement, il se prête tellement bien à l’expansion que cette édition sur Switch 2 ressemble davantage à un déjà excellent gâteau orné d’une très belle garniture, sans la “part supplémentaire” que l’on espérait secrètement.

Pour qui cette édition Switch 2 + Parc Belabel vaut-elle le détour ?

Si vous n’avez jamais touché à Super Mario Bros. Wonder, la réponse est simple : sur Switch 2, c’est un achat quasi obligatoire si vous aimez, même de loin, la plateforme 2D. Vous avez le meilleur de Nintendo dans ce registre, enrichi de mini-jeux multijoueur qui se hissent largement au-dessus de la moyenne des party games actuels.

Si vous possédez déjà le jeu sur Switch et que vous n’envisagez pas de passer à la Switch 2 tout de suite, la décision repose surtout sur votre pratique du multijoueur. Pour un foyer où l’on joue régulièrement à plusieurs, le Parc Belabel apporte une quantité de situations suffisamment riche pour justifier l’investissement. À l’inverse, si vous jouez surtout en solo et que la campagne de base vous a déjà comblé, l’absence de véritables nouveaux mondes rend l’extension moins indispensable.

Enfin, pour ceux qui migrent vers Switch 2 (ou qui l’ont déjà fait), cette édition fait office de “version définitive” de Wonder : plus belle, plus souple pour les débutants, plus fournie pour les soirées à plusieurs. Ce n’est pas une révolution technique, mais c’est clairement la meilleure façon de découvrir ou de revisiter ce classique moderne.

Verdict : un Mario 2D au sommet, enrichi intelligemment, mais qui appelle encore plus de folie

Super Mario Bros. Wonder – Nintendo Switch 2 Edition + Vamos ao Parque Belabel n’essaie pas de réinventer un jeu déjà magistral. Il le prolonge sur deux axes cohérents : un lifting visuel discret mais appréciable et une vaste extension multijoueur qui exploite les forces du gameplay d’origine sans le trahir.

Le Parc Belabel trouve naturellement sa place dans l’écosystème Nintendo : on y retrouve l’esprit de Mario Party, mais avec un moteur de plateforme plus précis et un level design plus affûté. Joué en famille, il devient instantanément un nouveau rendez-vous du samedi soir. Joué en ligne, il rappelle que Mario n’est pas condamné au simple “ghost mode” asynchrone, il peut aussi être un excellent jeu de salon… à distance.

Reste ce goût de “pas assez” du côté des nouveaux niveaux de la campagne, et cette décision étrange de réserver certains des meilleurs mini-jeux aux seules Salles de jeu en ligne. Des réserves réelles, mais qui ne suffisent pas à entamer la force du tout : Wonder était déjà un monument ; cette édition l’installe durablement parmi les références de la Switch 2.

Note finale : 9/10Level design : intouchable. Direction artistique et technique sur Switch 2 : netteté et fluidité exemplaires. Parc Belabel : mini-jeux créatifs, particulièrement réussis en local, mais avec une partie du contenu étonnamment cantonnée au online. Contenu global : extrêmement solide, même si l’on aurait adoré quelques mondes inédits pour couronner le tout.

L
Lan Di
Publié le 27/03/2026
13 min de lecture
Actualité
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