
Trente ans après le premier manoir de 1996, la vraie info n’est pas que Resident Evil est toujours là, mais qu’il vient de signer, avec Requiem, le plus gros lancement de son histoire sur PC… en tirant dans son sillage une bonne partie de la série sur Steam, en particulier les épisodes liés à Leon Kennedy.
D’après les données compilées par SteamDB et la presse spécialisée, Resident Evil Requiem, sorti le 27 février 2026, a atteint un pic d’environ 344 000 joueurs simultanés sur Steam dès le 28 février. C’est tout simplement le nouveau record de la licence sur la plateforme de Valve, loin devant les 160 000-170 000 joueurs de Resident Evil 4 Remake en 2023 et les quelque 106 000 de Resident Evil Village.
Un mois plus tard, le titre reste solidement installé : autour de 30 000 joueurs simultanés quotidiens, dans le top 30 des jeux les plus joués et le top 25 des meilleures ventes Steam, avec près de 95 % d’évaluations positives sur plus de 140 000 avis. Côté ventes, Capcom revendique 5 millions d’exemplaires écoulés en moins d’une semaine, là où RE4 Remake et Village avaient mis respectivement environ trois et cinq mois pour atteindre ce seuil. La firme parle aujourd’hui de plus de 6 millions de joueurs sur Requiem, toutes plateformes confondues.
On est loin du “simple bon lancement”. Requiem se hisse aux niveaux de pics Steam d’énormes jeux-service comme Destiny 2 ou des mastodontes AAAs récents, ce qui, pour un survival horror solo, est remarquable. C’est le signe qu’en 2026, Resident Evil n’est plus un « vénérable dinosaure », mais une licence capable de rivaliser en visibilité avec les blockbusters les plus frais du catalogue PC.
Là où l’histoire devient intéressante, c’est que le succès de Requiem ne reste pas cantonné à lui-même. Selon les chiffres mis en avant par des sites comme GamesRadar, quasiment tous les épisodes Resident Evil sur Steam ont vu leur courbe de joueurs grimper après la sortie du nouvel opus. Resident Evil 3 Remake aurait connu la plus forte hausse en valeur absolue, avec plus de 20 000 joueurs supplémentaires au pic après un gros rabais Steam, tandis que RE2 et RE4 Remake enregistraient eux aussi des sursauts notables. Certains relevés évoquent même un nouveau record historique pour Resident Evil 5 sur la plateforme, même si les graphiques publics de SteamDB restent plus difficiles à recouper sur ce point précis.

Ce qu’on voit là, c’est un pattern bien connu : un nouvel épisode explosif agit comme une publicité géante pour tout le back catalogue, surtout lorsqu’il est accompagné de promotions coordonnées. Mais dans le cas de Resident Evil, un autre détail saute aux yeux : ce sont les épisodes où Leon Kennedy est au premier plan qui semblent profiter le plus de la vague. RE2 et RE4 Remake, déjà très installés, repartent à la hausse au moment même où Requiem remet Leon en avant, cette fois aux côtés de la nouvelle venue Grace Ashcroft.
Capcom ne s’en cache pas : depuis des années, la communication tourne très largement autour de Leon dès qu’il est impliqué. Voir les chiffres des remakes remonter dès que le blondinet en blouson réapparaît confirme surtout ce que l’éditeur sait déjà en interne : dans l’esprit du grand public, Resident Evil “c’est” largement Leon. À 30 ans de carrière, la série ressemble de plus en plus à une alternance assumée entre épisodes portés par Leon et excursions ailleurs dans la chronologie.
Le timing n’est pas anodin. Le 22 mars 1996 sortait Biohazard sur PlayStation au Japon. Trente ans plus tard jour pour jour, Capcom publie un message signé du producteur exécutif Jun Takeuchi pour remercier les fans et rappeler que Requiem retourne à Raccoon City, là où tout a commencé, en combinant les “deux piliers” de la série : la tension survival horror et le shooter d’action plus nerveux.

La boucle est d’autant plus visible quand on se souvient du premier remake majeur, celui de Resident Evil 1 sur GameCube en 2002, qui avait réinventé le jeu avec de nouveaux environnements, ennemis et mécaniques tout en respectant son cadre d’origine. Vingt ans plus tard, Capcom applique ce même principe à l’échelle de toute la licence : remakes modernisés de RE2, RE3, RE4, et à côté, un épisode inédit qui pioche allègrement dans l’iconographie de la saga.
La réception communautaire montre aussi un attachement qui dépasse le simple “jeu du moment”. Pour marquer les 30 ans, Nintendo Life s’est amusé à lancer un sondage sur le vilain préféré de la série, de Wesker à Lisa Trevor en passant par les antagonistes plus récents de Requiem. Voir des débats passionnés sur ce sujet trois décennies après la sortie du premier jeu, c’est un autre indicateur : l’univers Resident Evil, ses héros et surtout ses monstres, se sont installés dans la mémoire collective des joueurs.
Succès commercial, 30e anniversaire, remakes qui cartonnent… tout va bien chez les zombies de Capcom ? Pas tout à fait. En parallèle de Requiem, Resident Evil s’est retrouvé au cœur d’une autre discussion, cette fois technologique : les démos de DLSS 5 de Nvidia présentées à la GTC 2026 utilisaient notamment un segment de Resident Evil pour vendre un futur “photo-réalisme” par suréchantillonnage IA.

Les premiers retours techniques, notamment chez Digital Foundry, saluent un potentiel réel en termes de performances et d’éclairage, mais pointent aussi une image plus douce, parfois filtrée, et des visages ou lumières légèrement altérés par rapport au rendu natif. Une partie du public a réagi violemment, accusant ces traitements IA de “mettre un filtre Snapchat” sur le travail des artistes et d’homogénéiser les styles visuels. Les studios concernés, Capcom compris, ont validé ces démos, mais la question reste pendante : jusqu’où laisse-t-on l’algorithme retoucher un jeu dont la direction artistique est précisément ce qui le distingue ?
Pour une série qui a bâti sa réputation sur une atmosphère très travaillée – des éclairages crades de la PS1 aux couloirs oppressants des remakes -, le risque est clair : à force de servir de banc d’essai aux technologies IA, Resident Evil pourrait devenir moins reconnaissable, au moment même où il consolide sa place dans l’histoire du médium.
Resident Evil Requiem signe le plus gros lancement de la série sur Steam et réveille les remakes, surtout ceux portés par Leon Kennedy. À l’heure où Capcom fête les 30 ans de la licence, les chiffres montrent une franchise plus puissante et plus transgénérationnelle que jamais, mais aussi plus sollicitée comme vitrine technologique. La vraie question sera de voir si cette renaissance s’accompagne d’un respect durable de l’identité visuelle et narrative qui a fait le succès de la saga depuis 1996.
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