New Super Lucky’s Tale sur PS5 – Un portage 4K/120 fps agréable, mais un ticket d’entrée difficile

New Super Lucky’s Tale sur PS5 – Un portage 4K/120 fps agréable, mais un ticket d’entrée difficile

Ce que change vraiment New Super Lucky’s Tale sur PS5 après toutes ces années

Le premier contact avec New Super Lucky’s Tale sur PlayStation 5 ne vient pas d’un nouveau niveau ou d’une cinématique inédite. Ce qui frappe, c’est la sensation immédiatement plus souple, presque « soyeuse », de la manette : 120 images par seconde, ça se sent tout de suite dans un plateformer. Après quelques minutes à gambader dans les premiers hubs, j’ai eu ce réflexe très professionnel qu’on développe avec l’âge : « Ok, le confort est là. Mais est-ce que ça justifie de repasser à la caisse pour un jeu sorti, dans une forme ou une autre, depuis 2016 ? »

Pour situer le décor : j’ai testé cette version PS5 de New Super Lucky’s Tale sur PlayStation 5 Pro, pendant un peu plus de quatre heures, le temps de terminer à 100 % les trois premiers mondes. Le but n’était pas de redécouvrir le jeu (déjà retourné à l’époque de la Switch), mais de juger ce portage « nouvelle génération » pour ce qu’il est vraiment : une mise à niveau technique… et rien d’autre.

Rappel express : un plateformer charmant, déjà bien rodé

Avant de parler pixels et framerate, un détour éclair par le contenu s’impose. New Super Lucky’s Tale, c’est la version « corrigée et enrichie » de Super Lucky’s Tale, lui-même déjà une réinterprétation d’un jeu VR, Lucky’s Tale, paru sur Oculus Rift. Avec cette itération, les développeurs ont déjà revu la copie en profondeur : caméra libre à 360°, contrôles affinés, PNJ plus présents, refonte de certains niveaux et ajout de deux mondes complets (Gilly Island et Guardian Trials).

On y incarne Lucky Swiftail, renardeau propulsé à l’intérieur d’un livre magique, le Livre des Âges, à la poursuite du magicien Jinx et de sa clique de chats mal intentionnés. Narrativement, on reste dans le registre du conte pour enfants, assumé et sans cynisme : ça fonctionne, surtout pour un jeune public, mais aussi pour ceux qui ont grandi avec Banjo-Kazooie ou Jak and Daxter et gardent une tendresse pour ce ton naïf.

La structure n’a pas bougé d’un millimètre : chaque monde sert de hub central, avec des portails vers des niveaux variés. Dans chaque niveau, quatre pages à décrocher : une en atteignant l’arrivée, une en amassant 300 pièces, une en collectant les cinq lettres L-U-C-K-Y, et une dernière cachée derrière un défi secret ou un terrier chronométré. En une douzaine d’heures, on voit le bout du jeu en ayant tout récupéré, avec une bonne cinquantaine de trophées à la clé.

Manette en main, Lucky reste un personnage agréable à contrôler : double saut précis, attaque tournoyante, plongeon vers l’avant, et surtout cette capacité à creuser sous terre, qui donne une identité visuelle très claire aux déplacements. Rien de tout cela n’est nouveau sur PS5, et c’est un point important : ce port ne touche pas au game design. Il se contente de le mettre en valeur… ou de tenter de le faire.

4K et 120 fps : le vrai apport du portage PS5

Une fois ce rappel posé, on peut parler de ce qui intéresse vraiment les possesseurs de PS5 : le saut technique. New Super Lucky’s Tale ne se transforme pas magiquement en vitrine graphique, mais la montée en définition et en fluidité change tout de même la perception du jeu.

Sur un écran compatible, la prise en charge de la 4K rend l’image plus propre et surtout plus stable. Les contours de Lucky, des ennemis et des éléments du décor gagnent en netteté ; les menus et textes sont plus fins. On sent bien que la direction artistique est pensée pour un public large, avec des textures parfois très simples, mais au moins la compression et le flou de la génération précédente reculent nettement.

Le vrai tournant, c’est le 120 fps. Sur un plateformer 3D, la fluidité impacte directement la lisibilité des sauts, l’anticipation des trajectoires et le confort lors des corrections de dernière seconde. Après quelques allers-retours entre la version PS4 rétrocompatible et ce port natif, la différence saute aux yeux. Les mouvements de caméra sont plus doux, la latence perçue diminue, et tout ce qui touche aux phases de plateformes de précision (notamment dans les épreuves des terriers ou certains segments des Guardian Trials) gagne en fiabilité.

Ce n’est pas une « claque » technologique au sens spectaculaire du terme, mais pour qui attache de l’importance au framerate, on passe clairement un cap. On est face à un jeu modeste, qui n’a jamais cherché à rivaliser avec un Ratchet & Clank: Rift Apart, mais qui, sur PS5, tourne enfin comme il aurait toujours dû tourner sur console.

Screenshot from New Super Lucky's Tale
Screenshot from New Super Lucky’s Tale

Des retouches visuelles bienvenues, mais pas irréprochables

Côté textures, on sent un vrai lifting, mais pas un remake. Les surfaces les plus visibles (sols, costumes de Lucky, éléments interactifs) sont plus nettes, moins « baveuses » que sur Switch ou PS4. Sur les premiers niveaux des prairies, l’herbe et les plateformes ressortent mieux, les contours se détachent davantage du fond, ce qui aide aussi à la lisibilité du gameplay.

En revanche, certaines textures secondaires trahissent l’âge du projet : murs éloignés, éléments de décor en arrière-plan ou petits objets restent assez grossiers pour un jeu qui tourne sur une PS5 et ne demande pas grand-chose en ressources. Ce n’est pas dramatique pour un titre de ce calibre, mais sur un portage qui se présente comme « optimisé nouvelle génération », on pouvait espérer un léger effort supplémentaire sur ces détails.

J’ai aussi noté un comportement étrange de la luminosité au début de la partie : une image anormalement éclatée, presque brûlée, durant les premières minutes, sans que je touche quoi que ce soit aux réglages HDR. Le souci s’est dissipé tout seul, ce qui suggère un petit caprice d’auto-calibration. Une fois passé ce moment, plus de souci majeur de lisibilité ou de couleurs.

Une DualSense sous-exploitée, presque anecdotique

Le support de la DualSense est officiellement mis en avant, avec l’ajout de vibrations haptiques adaptées. Dans les faits, il faut tendre l’oreille – ou plutôt la paume – pour les percevoir. Quelques légers retours au moment où Lucky creuse, de petites pulsations lors des sauts ou des chocs… et c’est à peu près tout.

Rien de gênant, mais rien de marquant non plus. Quand on a vu ce que certains studios first-party tirent de la manette (Astro’s Playroom reste la référence), difficile de ne pas avoir l’impression d’un potentiel à moitié exploité. Même des vibrations plus appuyées lors des combats de boss ou des passages sur des surfaces particulières auraient suffi à donner un peu plus de caractère à cette intégration.

Les gâchettes adaptatives, elles, sont quasiment transparentes. On ne ressent pas de vraie variation de résistance qui viendrait accompagner un pouvoir ou un type d’action. Ce n’est pas un défaut majeur, mais sur un portage vendu comme « PS5 natif », cette timidité sur les fonctionnalités spécifiques de la console laisse un sentiment d’occasion manquée.

Screenshot from New Super Lucky's Tale
Screenshot from New Super Lucky’s Tale

Confort de jeu et caméra : un plateformer enfin à son aise

La bonne nouvelle, c’est que ce surplus de puissance ne sert pas qu’à pousser des pixels. Le confort global profite de cette version. La caméra, déjà largement corrigée par rapport au Super Lucky’s Tale d’origine, gagne encore en fluidité. Sur PS5, les petites hésitations qu’on pouvait sentir sur Switch, notamment lors des changements brusques d’angle ou des rotations rapides, disparaissent quasiment.

Dans les sections plus exigeantes – quelques plateformes mobiles, des esquives à enchaîner dans les niveaux à défilement auto – cette précision accrue se traduit par moins de morts « injustes » liées à un framerate faiblard ou à une caméra qui peine à suivre. Après une bonne dizaine de niveaux complétés à 100 %, la plupart de mes échecs venaient clairement d’erreurs de timing, pas de la technique. Pour un jeu pensé aussi pour les enfants, c’est un vrai plus.

L’ergonomie générale reste la même : menus simples, accès rapide aux hubs, structure limpide. Rien n’a été repensé pour la PS5, mais l’ensemble se cale bien dans le confort moderne : temps de chargement courts, reprise de partie instantanée ou presque, aucune micro-coupure agaçante entre les niveaux.

Un portage sans nouveau contenu : la question du prix qui fâche

C’est là que le bât blesse. Une fois admis que ce portage ne change rien au contenu – pas de nouveau monde, pas de niveaux supplémentaires, pas de mode inédit – reste à regarder le ticket d’entrée. Pour un nouveau joueur, New Super Lucky’s Tale sur PS5 est affiché à 29,99 €. Pour les possesseurs de la version PS4, la mise à niveau PS5 est facturée 4,99 €.

Pour quelqu’un qui découvre complètement le jeu, l’étiquette de 29,99 € n’est pas délirante en soi : on parle d’un plateformer complet, coloré, accessible, qui tient une petite dizaine d’heures pour le joueur pressé et une douzaine pour le complétionniste. Le problème, c’est l’historique du titre. Entre la version VR, la version Xbox One, la refonte Switch, puis les portages PS4 et Xbox One, New Super Lucky’s Tale a déjà largement fait le tour des rayons.

En 2026, vendre ce jeu à quasiment 30 € sans le moindre ajout de contenu, uniquement sur la promesse d’une meilleure résolution et d’un framerate plus élevé, demande une certaine indulgence côté portefeuille. Surtout quand d’autres productions plus ambitieuses ou plus récentes se trouvent régulièrement en promotion dans cette même fourchette de prix.

Quant au supplément de 4,99 € pour passer de la version PS4 à la version PS5, il s’inscrit dans cette tendance actuelle des « upgrades payants » qui font toujours grincer des dents. Sur le plan strictement rationnel, oui, la version PS5 est sensiblement plus agréable à jouer, notamment pour ceux qui ont un écran 120 Hz. Mais pour un jeu de ce gabarit, qui ne pousse pas la console dans ses retranchements et ne propose pas de bonus concrets (cosmétiques, making-of, niveaux bonus…), l’effort financier supplémentaire a du mal à se justifier pleinement.

Pour qui ce portage PS5 vaut-il vraiment le coup ?

Après plusieurs heures sur cette version PS5, le profil du joueur à qui je peux recommander ce portage se dessine assez clairement.

Screenshot from New Super Lucky's Tale
Screenshot from New Super Lucky’s Tale

Vous n’avez jamais touché à New Super Lucky’s Tale et vous aimez les jeux de plateforme 3D colorés, sans prise de tête, avec une difficulté modérée et un ton bon enfant ? Sur PS5, vous avez là la meilleure version console du jeu à ce jour : plus fluide, plus propre, plus agréable à prendre en main. À 29,99 €, ce n’est pas une mauvaise affaire, même si on aurait aimé un prix un poil plus doux pour un titre au pedigree aussi long.

Vous avez déjà la version PS4 et vous jouez sur un écran 60 Hz classique ? L’intérêt de l’upgrade payante devient nettement plus discutable. Le framerate plus stable et la définition plus élevée se ressentent, mais si vous avez déjà bouclé le jeu une fois, difficile de justifier de remettre 4,99 € juste pour un second run un peu plus confortable, surtout sans nouveau contenu.

Vous disposez d’un écran 120 Hz et vous êtes sensible à la fluidité, voire vous jouez régulièrement en mode « performance » sur les jeux PS5 ? Dans ce cas précis, la mise à jour prend tout son sens. La différence de ressenti entre 60 et 120 fps dans un plateformer n’est pas un simple détail technique, c’est un vrai gain de confort.

Reste la question des autres machines. Au vu du positionnement du jeu, on imagine mal qu’il ne finisse pas, tôt ou tard, par arriver sous une forme optimisée sur Xbox Series X|S ou Nintendo Switch 2, où son ADN « portable/familial » trouverait naturellement sa place. Pour l’instant, cette version PS5 tient le rôle de version console de référence… en attendant mieux ailleurs, peut-être.

Verdict : un excellent petit jeu de plateforme, un portage propre, un prix mal calibré

En tant que jeu de plateforme, New Super Lucky’s Tale n’a plus grand-chose à prouver. Son univers chaleureux fonctionne toujours, son level design reste solide, sa structure à objectifs multiples par niveau donne ce petit côté « check-list » très satisfaisant pour les amateurs de collecte. Pour un public jeune ou pour un adulte en quête d’un intermède léger entre deux mastodontes, ça fait parfaitement le travail.

En tant que portage PS5, le tableau est plus nuancé. Oui, techniquement, c’est la meilleure version console du jeu à ce jour. Oui, le 120 fps change vraiment la sensation de jeu. Oui, les temps de chargement minuscules et la netteté globale rendent les sessions plus agréables. Mais la DualSense est à peine effleurée, quelques textures jurent encore, et surtout, l’absence totale de nouveauté de contenu rend le positionnement tarifaire difficile à avaler pour un titre qui a déjà beaucoup vécu.

Si l’on isole la question du prix, on tient un portage propre, sérieux, qui fait exactement ce qu’on attend de lui sur le plan technique, sans éclat particulier mais sans faux pas majeurs. En replaçant ce portage dans son contexte – celui d’un jeu multi-porté depuis près de sept ans – l’enthousiasme se tempère. New Super Lucky’s Tale sur PS5 est la meilleure façon de découvrir ce petit renard aujourd’hui, mais pas forcément une raison suffisante pour les anciens joueurs de ressortir le portefeuille.

Note Actu-jeux.com : 6,5/10

  • Gameplay / Level design : 7,5 – Un plateformer solide, accessible, toujours agréable à parcourir.
  • Technique / Performance : 8 – 4K et 120 fps apportent un vrai confort, malgré quelques textures datées.
  • Exploitation PS5 (DualSense, nouveautés) : 5 – Vibrations timides, aucune vraie ambition spécifique à la console.
  • Durée de vie / Contenu : 7 – Une aventure courte à moyenne, complète, mais strictement identique aux versions précédentes.
  • Rapport qualité/prix : 5 – Portage propre, mais tarif élevé pour un jeu déjà largement amorti.
L
Lan Di
Publié le 26/03/2026
12 min de lecture
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