NAKWON Last Paradise : 12 films et séries coréens à voir avant de survivre à Séoul

NAKWON Last Paradise : 12 films et séries coréens à voir avant de survivre à Séoul

NAKWON: Last Paradise, quand le zombie coréen rencontre le jeu de survie multijoueur

Le trailer et les carnets de développeurs de NAKWON: Last Paradise ont montré une chose très claire : Nexon ne veut pas juste faire “un jeu de zombies de plus”, mais plonger les joueurs au cœur d’un imaginaire façonné par dix ans de cinéma et de séries coréennes. Un Séoul post‑apocalyptique, des réfugiés entassés dans des abris de fortune, des expéditions à haut risque pour ramener quelques boîtes de conserve, et surtout cette idée que les autres survivants sont presque aussi dangereux que les infectés.

NAKWON se présente comme un jeu de survie multijoueur en vue à la troisième personne, fortement axé sur l’extraction et le PvPvE. On y part d’un refuge de rescapés pour fouiller les rues de Séoul, on bricole des armes à partir d’objets du quotidien, et la moindre blessure peut devenir fatale. L’ambiance rappelle immédiatement toute une génération de films et de dramas coréens qui ont utilisé zombies, catastrophes et épidémies comme prisme pour parler de classe sociale, d’égoïsme, de solidarité ou de simple instinct de survie.

Cette sélection de 12 œuvres coréennes – films, séries, animation et même télé‑réalité – permet de comprendre d’où vient le ton de NAKWON: Last Paradise. On y trouve des zombies frénétiques, des immeubles transformés en micro‑sociétés, des villes laissées à l’abandon et des petites communautés qui se déchirent pour un sac de riz. Chaque titre éclaire un aspect précis de ce que Nexon semble vouloir capturer dans son jeu : la survie pure, la peur, mais aussi les dynamiques sociales qui explosent quand tout s’effondre.

Ce n’est pas un classement “du meilleur au moins bon”, mais une feuille de route thématique. Enchaîner ces films et séries en attendant la prochaine phase de communication autour de NAKWON, c’est se préparer au terrain : Séoul comme champ de bataille, l’abri comme cocotte‑minute sociale, et la certitude que dans ce type d’univers, la survie se paie rarement en monnaie simple.

1. Train to Busan

Train to Busan – trailer / artwork
Train to Busan – trailer / artwork

Train to Busan reste le point de bascule du zombie coréen moderne. Sorti en 2016, le film de Yeon Sang-ho a imposé au monde une vision très physique de l’infection : des corps qui se contorsionnent, une vitesse inhumaine, et cette brutalité qui transforme un train de banlieue en piège à ciel clos. Derrière l’action, le récit suit surtout un père trop absent qui tente de sauver sa fille, avec des personnages secondaires qui incarnent autant de réponses possibles à la catastrophe – du sacrifice à la lâcheté la plus abjecte.

La force du film vient de son décor confiné et de sa lecture sociale. Wagons de première classe, contrôleurs dépassés, hommes d’affaires prêts à sacrifier tout le monde pour garder leur siège : le train devient une miniature de la société coréenne sous pression. On y retrouve déjà ce qui fait la spécificité du zombie coréen : moins une menace abstraite qu’un révélateur de ce que chacun porte en lui quand plus rien n’est encadré.

Pour NAKWON: Last Paradise, Train to Busan sert de manuel d’intentions. On y voit comment la panique s’empare d’un espace public, comment la hiérarchie sociale explose dès qu’une morsure survient, et à quel point la question du “qui mérite d’être sauvé” devient centrale. Si NAKWON parvient à recréer, dans les couloirs du métro de Séoul ou les bus abandonnés de ses cartes, ne serait‑ce qu’une partie de cette tension, ses excursions hors du refuge auront un parfum très familier pour quiconque aura vu le film.

2. Concrete Utopia

Concrete Utopia – trailer / artwork
Concrete Utopia – trailer / artwork

Concrete Utopia n’est pas un film de zombies, mais il aurait presque pu se dérouler dans l’un des abris de NAKWON. Après un séisme dévastateur, un seul complexe d’appartements tient encore debout au milieu d’un Séoul en ruines. Très vite, les habitants s’organisent, ferment les portes à ceux de l’extérieur et établissent des règles pour gérer la nourriture, l’eau, l’électricité. Lee Byung-hun et Park Seo-jun incarnent deux pôles de pouvoir autour desquels s’articulent les compromis et les abus.

Le film ne s’intéresse pas à la catastrophe elle‑même, mais à ce qui se passe après. Comment distribuer les ressources, qui a droit à un lit au chaud, qui doit monter la garde dans les escaliers glacés. L’immeuble devient un laboratoire social où la politesse bourgeoise s’effrite dès que les réserves diminuent. La caméra reste collée aux visages, aux couloirs, aux réunions de copropriété qui dérapent en tribunaux improvisés. C’est une chronique de la dérive autoritaire dans un espace que tout le monde prétend défendre.

Dans NAKWON: Last Paradise, le refuge des survivants promet de jouer exactement ce rôle : lieu sûr, mais aussi terrain de luttes de pouvoir et de frustrations. Concrete Utopia aide à imaginer ce qui se joue entre deux sorties de loot : discussions interminables sur le partage des rations, méfiance envers les nouveaux arrivants, légitimité de ceux qui s’arrogent le droit de décider qui reste dehors. C’est le complément parfait à la partie action du jeu, parce qu’il rappelle que la survie, c’est d’abord une histoire de portes qu’on ouvre ou qu’on ferme.

3. Badland Hunters

Badland Hunters – trailer / artwork
Badland Hunters – trailer / artwork

Avec Badland Hunters, on passe à l’excès assumé. Situé dans le même univers de webtoon que Concrete Utopia, mais bien plus tard dans la timeline, le film suit Ma Dong-seok dans un Séoul transformé en terrain de chasse post‑apocalyptique. Les immeubles éventrés servent de repaires à des survivants armés jusqu’aux dents, des scientifiques fous mènent des expériences sordides, et les créatures qui rôdent n’ont plus grand‑chose d’humain. On est en terrain de série B nerveuse, avec des combats au corps à corps qui sèchent net.

Ce qui rend le film intéressant à rapprocher de NAKWON, c’est cette façon de traiter la ville comme un vaste parc d’attractions mortel. On se bat sur des passerelles branlantes, on explose des crânes au milieu des décombres, on descend dans des sous‑sols qui respirent la mort. Le récit assume le côté “mission”, avec un objectif clair, des alliés douteux, des trahisons annoncées de loin. On est moins dans la finesse psychologique que dans la logique de run : préparer, partir, improviser, revenir si possible.

NAKWON: Last Paradise semble justement vouloir mélanger l’angoisse feutrée d’un abri à la brutalité de ces expéditions. Badland Hunters donne une bonne idée de ce qu’un run qui tourne mal peut provoquer : armes artisanales qui se brisent, ennemis plus coriaces qu’annoncé, objectifs secondaires surgissant en plein chaos. C’est le versant “plaisir coupable” de cette watchlist, mais c’est aussi celui qui parle le mieux à l’envie de certains joueurs de foncer dans le tas au milieu des ruelles dévastées de Séoul.

4. #Alive

#Alive – trailer / artwork
#Alive – trailer / artwork

#Alive se déroule presque entièrement dans un immeuble, et pourtant difficile de faire plus parlant pour qui s’intéresse à NAKWON. Yoo Ah-in y incarne un gamer enfermé chez lui quand l’épidémie éclate. Internet coupe, les réserves s’épuisent, les voisins disparaissent un à un, et peu à peu l’appartement devient une prison. La réalisation se concentre sur les gestes de survie : compter les bouteilles d’eau, rationner les nouilles instantanées, bricoler des systèmes pour observer la rue sans se montrer.

Le film excelle à montrer l’usure mentale de l’isolement. Les zombies rôdent au pied de l’immeuble, mais la vraie menace, c’est la lassitude, la tentation de renoncer. La rencontre avec une autre survivante, interprétée par Park Shin-hye, amène la question de la coopération : partager des ressources, prendre des risques pour quelqu’un qu’on ne connaît pas. La mise en scène joue beaucoup avec la verticalité de l’immeuble, les passerelles improvisées entre balcons, les cordes, les drones, les bruits qui attirent ou détournent les morts‑vivants.

Dans NAKWON: Last Paradise, nombre de sorties se dérouleront dans ces mêmes tours d’appartements, symbole de la densité urbaine de Séoul. #Alive donne un visage concret à ce décor : portes blindées, cages d’escalier sombres, supermarchés au rez‑de‑chaussée. Il rappelle aussi que la survie, ce n’est pas seulement “tenir”, mais trouver une raison de s’accrocher. Si le jeu pousse ses mécaniques de stress et de gestion des blessures, il gagnera beaucoup à s’inspirer de cette manière de faire sentir le poids du temps qui passe enfermé.

5. All of Us Are Dead

All of Us Are Dead – trailer / artwork
All of Us Are Dead – trailer / artwork

All of Us Are Dead transpose l’apocalypse zombie dans un lycée, et c’est sans doute l’une des séries qui traite le mieux la question du groupe coincé en huis clos. La contamination commence dans le labo d’un professeur, puis déferle dans les couloirs, les salles de classe, la cantine. Un petit noyau d’élèves tente de survivre, armé de chaises, de ruban adhésif, de manches à balai ; des outils de fortune qui font écho à l’arsenal improvisé que NAKWON mettra entre les mains des joueurs.

La série prend le temps de creuser les dynamiques internes : harcèlement scolaire, hiérarchies sociales, hontes familiales. Ceux qui dominaient la cour de récré ne sont pas forcément ceux qui s’en sortent le mieux quand il faut se battre, porter les blessés, prendre des décisions impossibles. On y voit surtout comment un groupe qui veut bien faire se fissure sous la pression du manque, de la peur d’être mordu, de la culpabilité d’avoir abandonné quelqu’un derrière une porte.

NAKWON: Last Paradise revendique une méfiance systématique entre survivants. All of Us Are Dead montre de manière très concrète ce que cela signifie : alliances de circonstance, boucs émissaires, sacrifices imposés. Pour un joueur, c’est une excellente étude de cas sur ce qu’un titre multijoueur peut générer comme tensions dans une escouade. Et pour les développeurs, un rappel que les meilleurs moments de ce genre de récits ne viennent pas seulement des zombies, mais de la façon dont des ados terrifiés négocient, hurlent, se réconcilient et se trahissent dans des couloirs étroits.

6. Zombieverse

Zombieverse – trailer / artwork
Zombieverse – trailer / artwork

Zombieverse part d’une idée simple et brillante : transformer Séoul en décor d’apocalypse pour un jeu de télé‑réalité. Des célébrités et personnalités du web se retrouvent plongées dans un scénario de contamination, avec figurants grimés en zombies, missions scénarisées et élimination en cas de morsure. Tout est faux, bien sûr, mais la peur, la panique et les mauvais réflexes sont, eux, tout à fait authentiques, ce qui en fait un témoignage précieux sur la manière dont des gens “normaux” réagiraient dans un univers à la NAKWON.

Le programme alterne moments de pure comédie et vrais instants de tension, quand les participants doivent traverser un supermarché infesté, escorter un “survivant” ou négocier avec d’autres groupes. On y voit naître des leaders, des suiveurs, des joueurs égoïstes qui se faufilent pendant que les autres crient. L’habillage reste léger, mais les comportements disent beaucoup sur la nature humaine quand il faut choisir entre sauver sa peau ou celle du voisin.

Pour NAKWON: Last Paradise, Zombieverse est presque un laboratoire en direct de game design social. Les missions ressemblent à des runs d’extraction, les fouilles dans les commerces à ce que fera une escouade de joueurs cherchant des vivres. La série illustre parfaitement ce que Nexon veut provoquer : une apocalypse vécue comme un jeu, où l’on rit parfois, mais où les dilemmes moraux finissent par rattraper tout le monde. C’est aussi un rappel utile que même dans la panique, certains privilégieront toujours le spectacle… ce qui, en PvPvE, peut coûter très cher.

7. Sweet Home

Sweet Home – trailer / artwork
Sweet Home – trailer / artwork

Sweet Home remplace les zombies par des monstres nés des désirs déformés des humains, mais l’essentiel est ailleurs : un immense complexe d’appartements isolé du monde, des résidents forcés de cohabiter, de négocier, de monter des barricades et de rationner ce qui reste. La première saison, en particulier, adopte un ton proche du huis clos horrifique, où chaque porte d’appartement est une énigme, chaque voisin un potentiel allié ou une menace latente.

La série se distingue par ses créatures grotesques et son mélange de mélodrame et de survival pur. On y suit un protagoniste suicidaire qui trouve peu à peu une raison de se battre, un ancien gangster en quête de rédemption, des familles brisées par le stress de la situation. Les étages deviennent des fronts, les ascenseurs des pièges mortels, la cage d’escalier un no man’s land que chacun traverse en retenant son souffle. La géographie de l’immeuble est exploitée comme un véritable niveau de jeu.

Dans NAKWON: Last Paradise, le refuge promet un mélange similaire de drames individuels et de menaces collectives. Sweet Home fonctionne comme une carte mentale de ce que peut être un hub de survivants : commerces réquisitionnés, parkings transformés en dépôts d’armes, appartements barricadés servant de QG temporaires. Même si les monstres de la série sont plus fantastiques que les infectés réalistes de NAKWON, la manière de filmer la promiscuité, la suspicion et les gestes du quotidien sous siège s’aligne parfaitement sur ce que l’on attend d’un bon jeu de survie en milieu urbain.

8. Kingdom

Kingdom – trailer / artwork
Kingdom – trailer / artwork

Avec Kingdom, la Corée a prouvé qu’on pouvait marier drama historique et zombie sans perdre ni la rigueur politique ni la sauvagerie horrifique. Située à l’époque Joseon, la série suit un prince héritier confronté à une épidémie qui transforme les paysans affamés en créatures furieuses. L’infection répond à des règles particulières – activité nocturne, sensibilité au froid – qui structurent toute la mise en scène, des poursuites de nuit aux embuscades à l’aube.

Au‑delà de ses zombies parmi les plus menaçants du petit écran, Kingdom brille par son commentaire social. L’épidémie n’est pas un simple mal tombé du ciel : elle s’enracine dans la gestion catastrophique de la famine, dans les intrigues de cour, dans la volonté des élites de conserver le pouvoir coûte que coûte. Chaque village envahi, chaque champ brûlé raconte un pays où la peur de perdre ses privilèges vaut bien qu’on laisse les morts se relever.

NAKWON: Last Paradise se déroule à l’ère moderne, mais hérite clairement de cette tradition. L’idée d’un Séoul abandonné aux infectés, avec des enclaves de privilégiés reclus dans des abris mieux protégés, entre en résonance avec Kingdom. La série rappelle que les mécaniques de jour/nuit peuvent devenir bien plus qu’un simple tweak de difficulté, et que les zombies, utilisés intelligemment, servent surtout à désigner les responsables d’une catastrophe sociale. Pour comprendre la dimension politique que le jeu pourrait choisir d’embrasser, c’est une étape incontournable.

9. Seoul Station

Seoul Station – trailer / artwork
Seoul Station – trailer / artwork

Seoul Station, film d’animation signé Yeon Sang-ho, sert de préquelle à Train to Busan et montre les débuts de l’épidémie au cœur de la capitale. Loin des wagons climatisés, le récit se concentre sur les sans‑abri, les travailleurs précaires, les marginaux qui peuplent les alentours de la gare. Quand les premiers infectés apparaissent, la police hésite, les autorités minimisent, et les plus vulnérables sont sacrifiés sans la moindre hésitation.

La mise en scène exploite à fond la topographie de Séoul : couloirs de gare, passerelles piétonnes, petites ruelles encastrées entre les immeubles, bretelles autoroutières qui cisaillent l’espace urbain. L’animation permet quelques visions cauchemardesques d’attroupements de zombies sous les néons, mais le film garde une veine profondément tragique, presque fataliste, sur le sort de ceux que personne ne vient secourir. Les dialogues sont durs, l’humour rare, et la conclusion refuse tout réconfort facile.

Pour NAKWON: Last Paradise, Seoul Station fournit un “atlas mental” précieux. Les zones que l’on traverse dans le film ressemblent exactement aux endroits où les joueurs iront fouiller : supérettes de gare, escaliers de métro, abris de fortune sous les ponts. C’est aussi un rappel violent que l’apocalypse ne frappe pas tout le monde avec la même force. Si le jeu décide d’intégrer des PNJ issus de ces populations invisibles, il aura tout intérêt à s’inspirer de la manière dont le film les met au centre du récit, même pour un temps bref.

10. Peninsula

Peninsula – trailer / artwork
Peninsula – trailer / artwork

Peninsula, sous‑titré “Train to Busan Presents”, se situe plusieurs années après les événements du premier film, dans une Corée totalement abandonnée et bouclée par le reste du monde. Cette fois, on suit un commando envoyé récupérer un camion rempli d’argent, avec une extraction programmée et un plan qui, évidemment, tourne très vite à la catastrophe. La structure de heist post‑apocalyptique rapproche le film de ce que propose un jeu d’extraction comme NAKWON.

Le décor a changé : plus de trains, mais des ports désertés, des entrepôts transformés en arènes, des quartiers encerclés où les zombies sont utilisés comme spectacle par une milice dégénérée. La mise en scène multiplie les poursuites en voiture dans des rues encombrées de carcasses, les embuscades improvisées, les raids nocturnes pour piller des stocks. L’aspect humain est plus esquissé que dans Train to Busan, mais la logique de factions rivales et de loot rend l’ensemble particulièrement parlant pour un joueur.

NAKWON: Last Paradise reprend cette idée de territoire abandonné à ceux qui osent s’y aventurer, avec des allers‑retours entre une zone sûre et un enfer grouillant d’infectés. Peninsula montre le genre de situations que ce cadre génère naturellement : traquenards tendus par d’autres survivants, missions de récupération qui dérapent, priorités qui basculent en pleine opération. Même si le film mise parfois plus sur l’esbroufe numérique que sur la nuance, il illustre parfaitement le versant “action pure” que le jeu devra canaliser pour rester lisible en multijoueur.

11. Happiness

Happiness – trailer / artwork
Happiness – trailer / artwork

Happiness se déroule dans un immeuble tout neuf placé en quarantaine après l’apparition d’un virus qui déclenche des accès de rage incontrôlable, très proches d’un comportement zombie. Les résidents, un mélange de propriétaires aisés et de locataires de la classe moyenne, se retrouvent soudain coupés du monde, surveillés par l’armée, avec des ressources qui diminuent et la certitude que certains voisins sont déjà infectés. Le cadre évoque à la fois Concrete Utopia et #Alive, mais avec une attention particulière portée à la gestion de la peur.

La série s’attarde sur les négociations avec les autorités, les tentatives d’organisation interne et les petites lâchetés du quotidien : dissimuler des symptômes, cacher des stocks de nourriture, utiliser la rumeur comme arme. Les appartements deviennent des fronts silencieux, les paliers des zones tampons où l’on se jauge. Le duo principal, incarné par Han Hyo-joo et Park Hyung-sik, tente de maintenir un semblant d’ordre tout en se méfiant de tout le monde, y compris de ceux qu’ils connaissent depuis des années.

NAKWON: Last Paradise insiste sur l’importance des blessures et des infections potentielles, sur la fragilité de la santé mentale dans un environnement hostile. Happiness illustre à merveille cette paranoïa permanente : la moindre coupure devient suspecte, chaque toux déclenche des regards. Pour appréhender ce que pourrait être la vie quotidienne dans le refuge du jeu, cette série est un complément naturel, en particulier pour sa façon de montrer que la ligne entre l’humain et le monstre passe souvent par des décisions très concrètes liées au manque.

12. Flu

Flu – trailer / artwork
Flu – trailer / artwork

Flu précède de quelques années la vague zombie coréenne récente, mais pose déjà un cadre d’épidémie et de gestion étatique du désastre qui résonne fortement avec les univers de Train to Busan et de NAKWON. Un virus respiratoire extrêmement mortel se propage dans la ville de Bundang, entraînant l’instauration de zones de quarantaine, l’intervention brutale de l’armée, les mensonges politiques et la panique généralisée. Les malades ne se relèvent pas pour mordre, mais l’effondrement social est le même.

Le film alterne scènes de foule en panique, hôpitaux débordés et portraits de quelques personnages qui tentent de sauver leurs proches malgré les ordres. On y voit des camions militaires barrer des routes, des quartiers entiers encerclés par des murs de containers, des familles séparées de force au bord d’un stade transformé en camp. La mise en scène ne cherche pas la subtilité, mais elle donne une image très concrète de ce que signifie vivre dans un pays qui décide de sacrifier une partie de sa population pour “protéger la majorité”.

NAKWON: Last Paradise se concentre sur l’après, quand les institutions ont cédé la place à des enclaves autogérées et à des règles de survie impitoyables. Flu permet de visualiser le chapitre précédent : la phase où l’État essaie encore de contrôler la situation, quitte à écraser ceux qui se trouvent au mauvais endroit. Comprendre cette étape rend l’univers du jeu plus crédible, en donnant du poids à l’idée que si les survivants de NAKWON se méfient autant des autorités que des infectés, ce n’est sans doute pas seulement par paranoïa gratuite.

NAKWON: Last Paradise, héritier d’une décennie de cauchemars coréens

Entre zombies frénétiques, immeubles assiégés, micro‑sociétés en vase clos et missions suicide dans des zones abandonnées, ces 12 œuvres tracent la carte des obsessions qui traversent aujourd’hui le zombie et le post‑apocalyptique coréens. NAKWON: Last Paradise s’inscrit dans cette lignée, mais en la transposant dans un espace interactif où chaque joueur incarne à son tour le voisin lâche, l’ange gardien, le pillard opportuniste ou le leader improvisé.

Vu de loin, le jeu pourrait passer pour “encore un survival à zombies”. Placé à côté de Train to Busan, de Concrete Utopia, de #Alive ou de Happiness, il apparaît plutôt comme la synthèse ludique d’une décennie de récits sur la Corée en crise permanente, où la vraie horreur tient autant dans les couloirs d’un immeuble que dans la politique, la hiérarchie sociale ou la simple incapacité à faire confiance à autrui.

En attendant les prochaines phases de test et les nouvelles bandes‑annonces de NAKWON: Last Paradise sur PC, cette watchlist offre de quoi se préparer mentalement. Elle permet de reconnaître, une fois manette en main, d’où viennent tel type de zombie, tel décor de Séoul, telle situation de refuge qui tourne mal. Et si le jeu de Nexon parvient à canaliser ne serait‑ce qu’une partie de cette richesse, il aura déjà un avantage sur la majorité des mondes post‑apocalyptiques interchangeables qui encombrent le marché.

L
Lan Di
Publié le 28/03/2026
19 min de lecture
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