
Un jeu peut disparaître d’une boutique sans disparaître de votre console. C’est la distinction essentielle dans le retrait de Celeste et TowerFall du Xbox Store : la décision de Maddy Makes Games ferme l’accès aux nouveaux acheteurs, pas aux propriétaires existants. Ce boycott vise la distribution sur une plateforme précise, plutôt que l’usage des exemplaires déjà acquis.
Dans un message publié sur Bluesky le 29 octobre 2026, Maddy Thorson explique avoir retiré Celeste et TowerFall de Xbox pour soutenir le boycott BDS — Boycott, Désinvestissement et Sanctions. L’initiative appartient donc à Maddy Makes Games. Il ne s’agit pas d’une mesure d’exclusion imposée par Microsoft.
Le mouvement palestinien BDS cible Microsoft en raison de ses relations avec les institutions israéliennes. La campagne met notamment en cause la fourniture de services Azure et d’intelligence artificielle au ministère israélien de la Défense, ainsi que leur utilisation dans le conflit à Gaza.
Microsoft a reconnu fournir à ce ministère des logiciels, des services professionnels, du cloud Azure et des services d’IA. L’entreprise a toutefois déclaré ne disposer, à la date de sa déclaration, d’« aucune preuve » que ses technologies aient servi à « cibler ou blesser des personnes » à Gaza. La justification du boycott et la position de Microsoft doivent rester distinctes : reconnaître une relation commerciale ne revient pas à reconnaître tous les usages dénoncés par le mouvement.

Pour quelqu’un ayant acheté Celeste ou TowerFall sur Xbox avant le retrait, il n’est pas nécessaire de racheter le jeu ailleurs. L’exemplaire installé reste jouable et le titre peut être téléchargé à nouveau depuis la bibliothèque du compte propriétaire. La disparition de l’offre commerciale ne supprime ni cette licence ni automatiquement les fichiers présents sur la console.
En revanche, une fiche encore visible dans le Store ne garantit pas la possibilité d’acheter. Les pages observées ne proposaient plus que l’ajout à une liste de souhaits. Pour un compte ne possédant pas déjà le jeu, cette présence résiduelle ne constitue donc pas une voie d’accès.
Ces précisions concernent les achats effectifs. Une ancienne installation obtenue par un autre mode d’accès ne doit pas être confondue avec une licence acquise. De même, la disponibilité des versions PC, PlayStation et Switch ne transforme pas un achat Xbox en droit d’accès sur ces plateformes.

House House avait déjà annoncé que Big Walk ne sortirait pas sur Xbox en invoquant le boycott BDS. Ice Water Games avait également mis fin aux ventes Xbox de Tenderfoot Tactics en 2025. Avec Celeste et TowerFall, la même logique touche deux jeux déjà présents dans le catalogue : le refus d’une plateforme peut porter sur une distribution installée, pas seulement sur un futur lancement.
C’est la conséquence concrète du choix éditorial du studio : préserver l’accès des acheteurs tout en refusant de nouvelles ventes sur Xbox. Pour les joueurs qui découvrent ces titres maintenant, la restriction reste réelle, même si les jeux continuent d’exister ailleurs.
Le point décisif sera la durée du retrait et les conditions que Maddy Makes Games fixerait pour revenir sur Xbox. L’autre enjeu concerne les cas particuliers — codes non utilisés, offres groupées et éditions distinctes — auxquels le maintien des licences déjà achetées ne répond pas automatiquement. Pour les propriétaires actuels, la démarche utile reste de retrouver le jeu dans leur bibliothèque Xbox, plutôt que de chercher un bouton d’achat sur sa fiche commerciale.
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