
Comptez environ six heures pour la campagne de Call of Duty: Modern Warfare 4, selon PC Gamer. Les estimations s’étendent de cinq à huit heures : les 16 missions composent donc une aventure courte, dont l’intérêt dépend davantage de la variété des situations que du temps passé à jouer. Pour un achat consacré exclusivement au solo, cette durée compte autant que la qualité des fusillades.
Le jeu d’Infinity Ward, édité par Activision, sort le 23 octobre 2026 sur PS5, Xbox Series X|S, PC et Nintendo Switch 2, sans version PS4 ni Xbox One. Les critiques publiées le 16 octobre dessinent une campagne capable de livrer le spectacle attendu, mais dont les meilleures idées ne viennent pas forcément des personnages historiques.
Plus de la moitié de la campagne suit une escouade sud-coréenne confrontée à une invasion nord-coréenne. Son point d’entrée est le soldat Park, un jeune conscrit qui n’a jamais connu le combat. Ce choix change la perspective : il ne s’agit plus seulement d’accompagner des vétérans capables de traverser toutes les crises, mais de suivre des recrues qui doivent apprendre à survivre ensemble.
Cette partie porte les affrontements les plus convaincants, notamment grâce à la variété des situations et à l’échelle des opérations. L’assaut amphibie sur Séoul donne à la campagne son ampleur de blockbuster, tandis que les échanges au sein de l’escouade ramènent le conflit à hauteur de soldat. Ko, interprété par Lanny Joon, participe à cette présence humaine qui manque parfois aux aventures des figures installées de la série.
Il faut toutefois distinguer intensité et attachement. La mise en scène rend l’invasion spectaculaire, sans que chaque événement produise la même force émotionnelle. Le changement de point de vue renouvelle davantage le jeu que ses procédés narratifs.
Située vers les deux tiers de l’aventure, Stranded est l’unique mission ouverte du jeu. Elle abandonne le joueur derrière les lignes ennemies, dans une région montagneuse et enneigée de Corée, avec peu d’équipement. Trois objectifs principaux peuvent être accomplis dans l’ordre choisi : pour une fois, la progression ne dépend pas uniquement du prochain déclencheur scénarisé.
L’exploration a ici une conséquence concrète sur les moyens disponibles. Les ressources récupérées servent notamment à remettre en état des armes équipées de silencieux, fabriquer de l’équipement létal ou demander une frappe de mortier. Un fusil de précision silencieux fait également partie du matériel à récupérer. Fouiller ne consiste donc pas à remplir une jauge annexe : cela permet de préparer les affrontements suivants.

Deux approches ont du sens. Pour profiter de cette mission, prenez le temps de récupérer du matériel avant d’enchaîner les objectifs : c’est cette montée en puissance qui fait sa singularité. Pour conserver un rythme plus direct, le déplacement rapide permet de rejoindre les objectifs sans passer par toute la récupération, au prix d’un équipement moins performant. Le raccourci existe, mais il retire une partie de l’intérêt du chapitre.
Stranded constitue ainsi un bon argument d’achat pour ceux qui apprécient une liberté tactique ponctuelle. En revanche, elle ne transforme pas Modern Warfare 4 en campagne ouverte : attendre la même latitude dans les quinze autres missions conduirait à une mauvaise surprise.
L’autre intrigue suit un capitaine Price devenu fugitif après l’assassinat du général Shepherd dans Modern Warfare 3. Sa traque de Makarov le conduit aussi vers un nouvel adversaire, l’Archer, incarné par Mads Mikkelsen. Le récit entrelace cette vengeance personnelle avec la guerre vécue par Park, mais les deux fils ne se rejoignent que tardivement.
Le problème tient moins aux interprètes qu’aux situations proposées à Price. Poursuites automobiles, traques à pied et confrontations au couteau reprennent des ressorts familiers. Le personnage devient plus sombre, sans que cette évolution suffise à donner une profondeur équivalente à chaque étape de sa chasse. Pour un joueur revenu avant tout afin de retrouver Price et Makarov, la résolution de leur conflit n’est pas le meilleur argument du solo.
L’appréciation de cette fin reste partagée : GamesRadar+ valorise les performances et la complexité morale de la conclusion, tandis que PC Gamer trouve le parcours de Price nettement moins intéressant que celui des soldats coréens. La campagne pousse notamment son changement de perspective jusqu’à faire incarner un soldat nord-coréen chargé d’interroger des villageois et d’exécuter des ordres meurtriers. Cette ambition morale existe, mais elle ne garantit pas à elle seule une conclusion émotionnellement satisfaisante.
En dehors de Stranded, la campagne impose largement son rythme et ses actions. Dans certaines séquences, tuer un civil entraîne immédiatement un échec. Cette règle oblige à contrôler ses tirs, mais elle s’ajoute à des objectifs restrictifs et à des checkpoints sévères : l’erreur se paie alors par la répétition d’un passage plutôt que par une situation différente à résoudre.

Cette rigidité explique pourquoi le spectacle peut fonctionner tout en laissant peu de place à l’initiative. Si vous aimez suivre une opération minutieusement mise en scène, elle ne sera pas nécessairement gênante. Si vous attendez de pouvoir contourner les problèmes ou improviser régulièrement, Stranded sera l’exception, pas la promesse tenue par toute la campagne.
Les confrontations finales constituent une autre limite. Les combats aux poings ou au couteau reposent sur des blocages, des parades et des contres, mais leur lecture à la première personne manque de précision. IGN relève notamment ce caractère désorientant. La brièveté des boss réduit aussi leur portée : ces duels ne donnent pas aux affrontements attendus le même relief que les grandes fusillades.
L’achat dès le 23 octobre se défend pour une campagne courte, spectaculaire et variée. L’escouade de Park apporte un point de vue plus intéressant que la seule poursuite de la rivalité historique, et Stranded donne une vraie raison de s’attarder sur un chapitre. Les notes de campagne — 8/10 chez IGN et 7/10 chez GameSpot — correspondent à cette proposition solide, mais inégale. Elles ne constituent pas un verdict sur l’ensemble du jeu.
Attendre une baisse de prix est plus cohérent si le solo constitue votre unique motif d’achat et que sa durée pèse lourd dans votre décision. C’est également le choix le plus prudent si vous espérez surtout une longue conclusion pour Price, une liberté comparable à celle de Stranded pendant toute l’aventure, ou des boss capables de porter le dénouement.
Modern Warfare 4 réussit mieux lorsqu’il donne de nouveaux soldats à suivre et un terrain à explorer que lorsqu’il rejoue les confrontations attendues. Pour les amateurs du Call of Duty cinématographique, cela suffit à rendre cette campagne intéressante. Pour ceux qui attendaient une refonte du solo, une excellente mission ouverte ne compense pas à elle seule le retour fréquent aux couloirs scriptés.
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