
500 signatures ouvrent une porte au Parlement canadien, pas chez Electronic Arts. Avec environ 1 700 signatures au 5 novembre 2026, la pétition e-7898 peut accéder à une procédure imposant une réponse gouvernementale après sa présentation à la Chambre des communes. C’est une avancée concrète pour la mobilisation contre la fermeture de BioWare. Mais son objectif le plus difficile reste hors du contrôle des signataires : obtenir d’EA la cession du studio et des droits de ses jeux.
Ouverte le 4 novembre 2026 et parrainée par le député fédéral Don Davies, la pétition demande au gouvernement de fournir à BioWare le capital nécessaire pour retrouver son indépendance et reprendre ses activités comme entreprise canadienne. Elle présente le studio comme un exportateur culturel majeur : l’enjeu revendiqué n’est pas seulement industriel, mais aussi patrimonial.
La distinction avec une campagne sur une plateforme privée compte. La mobilisation distincte SaveMassEffect a dépassé les 200 000 signatures fin octobre. La pétition parlementaire, elle, suit une procédure institutionnelle : après validation et présentation officielle à la Chambre des communes, le gouvernement dispose de 45 jours calendaires pour répondre.
Ce délai n’est ni celui d’un rachat ni celui d’une reprise du développement. Il ne court pas dès la 500e signature. Une réponse gouvernementale peut exposer les programmes existants ou la position d’Ottawa sans accorder de financement. Confondre obligation de répondre et obligation d’intervenir transformerait une avancée procédurale en promesse qu’elle ne contient pas.

La campagne rassemble sous un même objectif trois éléments distincts : l’entreprise BioWare, ses équipes et ses propriétés intellectuelles. Or, financer une structure indépendante ne lui donnerait pas automatiquement le droit de développer Mass Effect ou Dragon Age. EA conserve le contrôle de ces franchises.
C’est le mécanisme précis qui limite la portée d’un éventuel sauvetage public : la continuité du studio et celle de ses licences peuvent être séparées. Un accord pourrait porter sur certains actifs sans inclure les marques. Une licence d’exploitation pourrait permettre de poursuivre une série sans en transférer la propriété. Dans les deux cas, il faudrait l’accord d’EA et des conditions contractuelles acceptables.
La question à adresser à Electronic Arts est donc celle du périmètre réellement négociable : studio, marque BioWare, projets, technologies et droits mondiaux sur les franchises. La pétition ne crée aucun droit de préemption pour les employés ou pour le Canada. Elle ne force pas davantage EA à mettre ces actifs en vente.
Le 26 octobre, Avi Lewis a défendu l’idée d’accorder aux employés une première possibilité de racheter et de gérer BioWare avec un soutien fédéral. Cette proposition donne une direction politique à la mobilisation, mais ne définit pas encore l’acquéreur, les actifs concernés ou le financement de l’opération.
Un soutien public nécessiterait un programme admissible, une décision budgétaire ou un dispositif spécifique. Il faudrait ensuite négocier avec EA et examiner les actifs et les contrats. Le délai parlementaire de 45 jours ne fournit donc aucune estimation sérieuse du temps nécessaire à une acquisition, encore moins à une remise en production d’un jeu.
Le premier jalon à suivre est la présentation officielle de la pétition, puisqu’elle déclenche le délai de réponse. Le deuxième sera le contenu de cette réponse : une position de principe n’a pas la même portée qu’un dispositif financier identifié. Le troisième, décisif, serait l’ouverture de discussions avec EA sur des actifs précisément désignés.
Pour les joueurs qui attendent une suite à Mass Effect, c’est ce dernier point qui compte le plus. Préserver le nom BioWare sans obtenir les droits nécessaires ne suffirait pas à poursuivre la franchise. La pétition a donné à la mobilisation une voie parlementaire ; elle doit maintenant obtenir un interlocuteur financier à Ottawa et un vendeur disposé à négocier chez EA.
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