
Six emplacements d’armes, douze éléments de mécha interchangeables et une caméra qui bascule entre troisième et première personne : ARMED FRAME ne manque pas d’arguments sur le papier. Sa bêta ouverte sur PC via Steam arrive toutefois au moment où le projet doit prouver l’essentiel : qu’un jeu de méchas très mobile reste lisible quand le joueur combine tirs, boosts directionnels, virages rapides et courses sur les murs. C’est là que se séparent les jeux qui donnent une sensation de pilotage et ceux qui ne proposent qu’un catalogue de pièces détachées.
Le mot « personnalisation » recouvre trop souvent une promesse cosmétique. Ici, les douze parties annoncées ont une portée mécanique. Tête, torse, bras, jambes, booster et système de contrôle de tir — le FCS — définissent l’architecture de la machine, tandis que les six slots d’armement déterminent sa réponse en combat. Les couleurs du châssis et des armes sont également modifiables, mais ce n’est manifestement pas le centre de gravité du projet.
Le choix de six armes peut être une force, à condition que le jeu donne à chacune une fonction claire. Dans les jeux de méchas, l’arsenal pléthorique devient vite un problème de lecture : le joueur ne construit plus une stratégie, il empile des boutons. La mise à jour ver0.400 du 13 août a ajouté des descriptions pour les types d’armes et les statistiques d’équipement. Ce détail est plus parlant qu’il n’en a l’air : le studio travaille encore à rendre les compromis de build compréhensibles avant de les rendre séduisants.
ARMED FRAME se présente comme un jeu de combat rapide, mais ses systèmes vont au-delà du sempiternel dash. Le pilote peut courir sur les murs, effectuer des boosts rapides dans plusieurs directions, tourner brutalement et utiliser des boosts prolongés. Le contrôle aérien inclut des accélérations ascendantes et descendantes : la verticalité ne sert donc pas seulement à prendre de la hauteur, elle sert à casser une ligne de tir ou à modifier un angle d’attaque.

La version ver0.350 du 6 août lie directement vitesse de déplacement et vitesse des projectiles. Voilà le mécanisme à surveiller. Si cette interaction est bien calibrée, le déplacement devient une décision offensive : l’élan du mécha affecte le tir, pas seulement sa survie. Si elle est mal lisible, elle risque au contraire de faire croire que les armes manquent de constance. L’ajout de boosters expérimentaux dans la ver0.400 confirme que cette partie du modèle de jeu n’est pas encore figée.
Le mélange TPS/FPS est l’idée la plus intéressante d’ARMED FRAME, mais aussi sa dette technique la plus lourde. La troisième personne donne la lecture du corps, de l’environnement et des déplacements latéraux ; la première personne doit offrir la précision nécessaire à un tir crédible. Faire cohabiter ces deux sensations dans un jeu à forte mobilité est plus difficile que de proposer deux modes de caméra séparés.
Les correctifs récents ne l’esquivent pas. La ver0.350 a ajusté le biais de caméra gauche-droite, conservé la perspective choisie et réduit les oscillations de l’image. Ce sont des retouches de fond, pas de décoration. Une caméra qui tremble ou anticipe mal un boost détruit immédiatement la confiance dans le ciblage. Le support amélioré des boutons souris 1 et 2, ainsi que la distinction entre les touches Shift, Ctrl et Alt gauches et droites, montre la même priorité : rendre la machine contrôlable avant de prétendre la rendre complexe.

Le playtest a déjà accéléré son rythme. Le 11 juillet, la ver0.135 ajoutait des instructions de base pour les contrôles de mission et ouvrait l’accès aux 1 431 personnes alors en attente. Les versions ver0.350 et ver0.400, publiées les 6 et 13 août, ont ensuite concentré les changements sur le FCS, le radar, les contrôles et la lisibilité de l’équipement. Cette bêta ouverte n’est donc pas une simple vitrine : elle expose un système de combat encore en phase de réglage.
Le test décisif sera la cohérence entre les six armes, les FCS et les boosters. Les FCS dont le nom se termine par « Qt » autorisent notamment des déclenchements quadruples : il faudra vérifier si cette puissance crée des spécialisations intéressantes ou des configurations obligatoires. Il faudra également observer si les nouvelles descriptions de statistiques suffisent à expliquer pourquoi un build gagne ou perd un duel. ARMED FRAME peut trouver sa place parmi les shooters de méchas nerveux ; il devra d’abord prouver que sa vitesse n’enterre pas sa précision.
ARMED FRAME ouvre son test sur Steam avec un combat de méchas combinant caméra TPS/FPS, six armes et douze composants personnalisables. Le projet révèle une ambition plus sérieuse qu’un simple jeu de tir robotisé : faire de la mobilité, du build et de la balistique un seul système. Les prochains ajustements de caméra, de FCS et de boosters diront si cette ambition devient un pilotage convaincant.
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